đłïž La commission qui devait Ă©clairer la France va peut-ĂȘtre ĂȘtre enterrĂ©e pour 25 ans
đș Comment lâaudiovisuel public français est devenu une machine Ă enrichir les rĂ©seaux privĂ©s, et pourquoi on fait tout pour faire disparaĂźtre les preuves.
Le mécanisme qui enterre la vérité
En 2011, pour la premiĂšre fois dans lâhistoire de la Ve RĂ©publique, une commission dâenquĂȘte parlementaire a vu ses travaux enterrĂ©s. Le rapport Perruchot sur le financement des syndicats a Ă©tĂ© rejetĂ© par lâassemblĂ©e. ConsĂ©quence : 25 ans de silence forcĂ©. Les preuves collectĂ©es ne seront visibles quâen 2036.
Ce mĂ©canisme existe dans lâordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblĂ©es parlementaires. Son article 6 IV dispose que si les travaux ne sont pas adoptĂ©s Ă la majoritĂ©, ils restent secrets. Pendant un quart de siĂšcle.
En avril 2026, cette mĂȘme mĂ©canique est sur le point de se reproduire. La commission dâenquĂȘte sur lâaudiovisuel public doit ĂȘtre soumise au vote le 27 avril. 31 deputĂ©s vont dĂ©cider si les Français peuvent accĂ©der aux 26 000 documents collectĂ©s pendant six mois dâauditions, ou si tout disparaĂźt dans les tiroirs de lâassemblĂ©e pendant une gĂ©nĂ©ration.
La question nâest pas juridique. Elle est politique. Et elle rĂ©vĂšle tout un systĂšme.
Lâaudiovisuel public : quâest-ce que câest ?
Lâaudiovisuel public français regroupe cinq entitĂ©s : France TĂ©lĂ©visions (France 2, France 3, France 4, France 5, France Ă), Radio France (France Inter, France Info, France Bleu, FIP, France Musique), France MĂ©dias Monde (France 24, RFI, Monte Carlo Doualiya), lâINA (Institut national de lâaudiovisuel), et Arte France. Ces cinq structures employent environ 30 000 personnes et reçoivent chaque annĂ©e environ 4 milliards dâeuros de fonds publics.
La mission du service public est dĂ©finie par la loi : informer, Ă©duquer, divertir, proposer des contenus culturels diversifiĂ©s, garantir le pluralisme, et assurer la cohĂ©sion nationale. En contrepartie de ce financement public, lâĂtat exige une couverture territoriale Ă©gale, des programmes pour tous les publics, et une indĂ©pendance Ă©ditoriale vis-Ă -vis des pressions politiques et commerciales.
Les reproches formulĂ©s contre lâaudiovisuel public sont anciens et rĂ©currents. La droite lâaccuse de partialitĂ© politique en faveur de la gauche. La gauche reproche parfois un alignement sur les logiques commerciales. Les critiques Ă©conomiques pointent un coĂ»t jugĂ© excessif pour des audiences en baisse. Les tenants du marchĂ© libre appellent Ă la privatisation ou Ă une rĂ©duction drastique des moyens.
Ces critiques sont instrumentisĂ©es depuis des annĂ©es par ceux qui veulent dĂ©manteler le service public. La vidĂ©o publiĂ©e par LâIncorrect en septembre 2025 (affaire Legrand-Cohen) nâĂ©tait quâun prĂ©texte de plus pour remettre en cause le financement public.
Mais au-delĂ des critiques superficielles, la vraie question est celle de lâutilisation de lâargent public. Et câest lĂ que les rĂ©vĂ©lations de la commission deviennent accablantes.
La commission qui dérange
Le 28 octobre 2025, le groupe Union des droites pour la RĂ©publique (UDR), dirigĂ© par Ăric Ciotti et alliĂ© au Rassemblement national, utilise son « droit de tirage » pour crĂ©er une commission dâenquĂȘte sur la neutralitĂ©, le fonctionnement et le financement de lâaudiovisuel public.
Le dĂ©clencheur : quelques semaines plus tĂŽt, le magazine LâIncorrect a publiĂ© une vidĂ©o montrant Thomas Legrand et Patrick Cohen, journalistes de Radio France, lors dâune rĂ©union avec des responsables socialistes. Lâ« affaire Legrand-Cohen » dĂ©clenche une campagne politique. La droite accuse le service public de partialitĂ©.
La commission est lĂ©gitime dans son principe : vĂ©rifier lâutilisation de lâargent public, contrĂŽler les conflits dâintĂ©rĂȘts, examiner les processus de dĂ©cision. Mais sa composition et son orientation posent questions. Le rapporteur est Charles Alloncle, deputĂ© UDR de lâHĂ©rault, proche de Ciotti. Le prĂ©sident est JĂ©rĂ©mie Patrier-Leitus, du groupe Horizons.
Pendant six mois, 67 auditions se tiennent. 234 personnes sont entendues. Des dirigeants de France Télévisions, Radio France, des producteurs, des journalistes, des politiques. Tout est filmé, tout est public.
Et les révélations sont accablantes.
Les 864 millions qui disparaissent
Le fait central, documentĂ© par Charles Alloncle : en 2024, France TĂ©lĂ©visions a signĂ© des contrats avec des producteurs pour 864 millions dâeuros. Le montant lĂ©galement obligatoire au titre du quota de production indĂ©pendante est dâenviron 300 millions dâeuros.
Soit prĂšs de trois fois plus.
Le rapporteur parle de « copinage pur et simple » dans lâattribution des contrats. « Aucune rĂšgle, aucun respect des marchĂ©s publics », accuse-t-il.
Les chiffres officiels confirment la dĂ©rive. France TĂ©lĂ©visions a enregistrĂ© un dĂ©ficit de 41,2 millions dâeuros en 2025. Câest le premier dĂ©ficit depuis 9 ans. La dette cumulĂ©e entre 2017 et 2024 atteint 81 millions dâeuros.
Lâargent public circule. Mais vers oĂč ?
Le principal fournisseur de programmes de France TĂ©lĂ©visions sâappelle Mediawan. Le groupe a Ă©tĂ© fondĂ© par Xavier Niel (fondateur dâIliad/Free) et Matthieu Pigasse (directeur gĂ©nĂ©ral de Lazard, proche du PS). En 2024, Mediawan a captĂ© 110 millions dâeuros de contrats avec France TĂ©lĂ©visions. Cela reprĂ©sente 25 % du chiffre dâaffaires français du groupe.
Les réseaux de la capture
Les liens suspects ne sâarrĂȘtent pas aux producteurs.
Delphine Ernotte, PDG de France TĂ©lĂ©visions, a Ă©tĂ© conviĂ©e au Fouquetâs par Mediawan AVANT la officialisation de son renouvellement de contrat. La coincidence est troublante. Plus tard, elle a recrutĂ© Virginie Lafleur comme directrice de la communication des programmes. Virginie Lafleur venait de chez Mediawan.
Autre coincidence troublante : en avril 2025, Pierre-Antoine Capton, prĂ©sident de Mediawan, a organisĂ© une fĂȘte privatisĂ©e chez Maximâs pour ses 50 ans. Delphine Ernotte y Ă©tait presente.
Plus ancien : Jean-François Delfraissy, actuel prĂ©sident dâArcom (le rĂ©gulateur audiovisuel), Ă©tait chez Mediawan AVANT sa nomination au CSA (devenu Arcom). Le rĂ©gulateur de lâaudiovisuel venait de lâindustrie quâil doit contrĂŽler.
Les lignes se croisent. Lâargent public alimente des rĂ©seaux qui connectent pouvoir politique, groupe privĂ©, et rĂ©gulation.
La guerre pour faire taire Alloncle
Les pressions ont commencĂ© avant mĂȘme le vote.
JĂ©rĂ©mie Patrier-Leitus, prĂ©sident de la commission et ancien directeur de la communication de lâĂlysĂ©e sous Emmanuel Macron (2017-2019), a accusĂ© le rapporteur de faire de la « politique spectacle » et de viser « lâĂ©lection de Jordan Bardella en 2027 ». Sur RTL, il sâest dit « choquĂ© et indignĂ© » de voir Alloncle se comparer Ă Ămile Zola.
Delphine Ernotte, auditionnĂ©e une seconde fois le 8 avril 2026, a qualifiĂ© les mĂ©thodes du rapporteur de « procĂ©dĂ© trĂšs manipulatoire ». Elle a contestĂ© la presentation de la dotation de lâĂtat.
Xavier Niel a traité Alloncle de « clown ». Le milliardaire a menacé de quitter la commission. « Vous avez transformé votre commission en cirque : merci pour votre invitation, mais je ne suis pas un clown », a-t-il lancé au rapporteur.
Ăric Ciotti lui-mĂȘme, qui a créé la commission, sâest retournĂ© contre Alloncle une fois les rĂ©vĂ©lations connues. Le initiateur de la commission critique dĂ©sormais son propre rapporteur.
Les médias du groupe Bolloré (CNews, Europe 1, Le JDD) mÚnent une campagne éditoriale contre la commission et contre Alloncle personnellement. France Télévisions a porté plainte pour « dénigrement ».
Pourquoi cette offensive gĂ©nĂ©ralisĂ©e ? Parce que les rĂ©vĂ©lations touchent des intĂ©rĂȘts rĂ©els. Mediawan, ses actionnaires, les rĂ©seaux qui gravitent autour de lâaudiovisuel public. Le mĂ©canisme de secret (25 ans) est lâarme idĂ©ale pour faire taire dĂ©finitivement les preuves.
Le vote du 27 avril 2026 décidera si les Français auront accÚs à ces révélations ou si elles disparaissent pour une génération.
Les processus de capture
Le systÚme fonctionne en cinq étapes.
Ătape 1 : Lâargent public. Environ 4 milliards dâeuros par an. LâĂtat verse Ă France TĂ©lĂ©visions et Radio France via la contribution Ă lâaudiovisuel public, remplacĂ©e par une fraction de TVA depuis 2022.
Ătape 2 : Les contrats suspects. 864 millions dâeuros de contrats aux producteurs privĂ©s, quasi-triple de lâobligation lĂ©gale.
Ătape 3 : Lâenrichissement privĂ©. Mediawan et ses actionnaires bĂ©nĂ©ficient de ces flux. Nagui, animateur star de France 2, touche 1,5 million dâeuros par an, chiffre confirmĂ© par Alloncle.
Ătape 4 : Le dĂ©ficit public. 41 millions dâeuros de dĂ©ficit en 2025. 81 millions de dette cumulĂ©e.
Ătape 5 : La socialisation des pertes. Le contribuable absorbe. Les profits sont privatisĂ©s.
Ce mĂ©canisme nâest pas une aberration. Câest un SYSTĂME. Il a Ă©tĂ© documentĂ© par la commission. Et maintenant, tout le monde veut le faire disparaĂźtre.
La rĂ©forme de Rachida Dati sur lâaudiovisuel public a Ă©tĂ© rejetĂ© par lâassemblĂ©e en juin 2025. La commission dâenquĂȘte est devenue le levier alternatif pour faire payer le service public. Mais le vrai scandale nâest pas la gestion : câest la structure mĂȘme du systĂšme.
Les enquĂȘtes judiciaires en cours confirment la dĂ©composition. En fĂ©vrier 2026, une information judiciaire a Ă©tĂ© ouverte contre Delphine Ernotte pour « dĂ©tournement de biens publics ». En octobre 2025, quatre techniciens de Mediawan ont portĂ© plainte pour « travail dissimulĂ© ». En fĂ©vrier 2026, lâinspection du travail a mis en garde Mediawan pour « doubles contrats » illĂ©gaux.
Le processus fonctionne : lâargent public circule vers les rĂ©seaux privĂ©s, les pertes sont socialisĂ©es, les profits sont privatisĂ©s, et quand la vĂ©ritĂ© menace dâĂ©clater, on lâenterre.
Les castes médiatiques
Au-delĂ de lâargent, il y a les hommes. Et dans lâaudiovisuel public français, certains noms se transmettent de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration.
La famille Duhamel incarne cette endogamie mĂ©diatique. Patrice Duhamel a dirigĂ© France TĂ©lĂ©visions jusquâen 2020. Sa compagne, Nathalie Saint-Cricq, dirige aujourdâhui les rĂ©dactions nationales de France TĂ©lĂ©visions. Leur fils, Benjamin Duhamel, 31 ans, a quittĂ© BFMTV en 2025 pour rejoindre la matinale de France Inter. Lâoncle de Benjamin, Alain Duhamel, est editorialiste depuis plus de 50 ans sur RTL et BFMTV.
Quatre gĂ©nĂ©rations. Le mĂȘme mĂ©tier. Les mĂȘmes chaĂźnes. Les mĂȘmes fonctions de direction.
Ce phĂ©nomĂšne nâest pas isolĂ©. Via les alliances familiales, la sphĂšre mĂ©diatique touche aussi le pouvoir politique. AmĂ©lie OudĂ©a-CastĂ©ra, ancienne ministre des Sports et de lâĂducation nationale, est cousine de Benjamin Duhamel. Lâancienne ministre a Ă©tĂ© nommĂ©e au gouvernement malgrĂ© les affaires Korian-Ehpad, ce qui illustre la porositĂ© entre mĂ©dias, politique et Ă©conomique.
Charles Alloncle a lui-mĂȘme qualifiĂ© ce systĂšme de « castes et de privileges ». Les Ă©coles de journalisme, analysĂ©es par le journaliste Xavier Eman dans son ouvrage Formatage continu, reproduisent cette endogamie sociale et idĂ©ologique. Les mĂȘmes profils, formĂ©s dans les mĂȘmes Ă©coles, partageant les mĂȘmes valeurs, finissent par constituer un entre-soi qui se prend pour lâuniversel.
Le service public, censĂ© reflĂ©ter la diversitĂ© des Français, est en rĂ©alitĂ© gĂ©rĂ© par une elite qui se reproduit elle-mĂȘme.
Le biais idéologique
Lâargent nâexplique pas tout. Le contenu aussi pose question.
En fĂ©vrier 2026, lâInstitut Thomas More a publiĂ© une Ă©tude rĂ©alisĂ©e avec lâintelligence artificielle, analysant plus de 2 000 heures de programmes de France TĂ©lĂ©visions et Radio France sur trois mois. Les rĂ©sultats sont sans appel : sur une Ă©chelle de -100 (extrĂȘme gauche) Ă +100 (extrĂȘme droite), le service public obtient un score de -10, soit un ancrage au centre-gauche.
France Inter enregistre un score de -20,1. France Culture, le plus prononcé, atteint -28,9. Seule France Info reste proche de la neutralité avec -1,2.
Lâanalyse montre que 57 % des Ă©missions prĂ©sentent une orientation clairement Ă gauche, contre seulement 16 % Ă droite. Le magazine ComplĂ©ment dâenquĂȘte sur France 2 compte 38 % de ses editions categorisĂ©es comme « socialistes et progressistes ». LâĂ©mission C Politique sur France 5 est Ă©galement orientĂ©e Ă gauche.
Le rĂ©gulateur, lâArcom, avait dĂ©jĂ notĂ© en 2023 une sous-reprĂ©sentation du Rassemblement national et de La France insoumise sur les antennes du service public. Les partis radicaux, Ă gauche comme Ă droite, reçoivent le traitement le plus hostile.
La presidente de France TĂ©lĂ©visions, Delphine Ernotte, a dâailleurs reconnu elle-mĂȘme ce problĂšme lors dâune interview au Point en 2023 : « On ne reprĂ©sente pas la France telle quâelle est. On essaie de reprĂ©senter la France telle quâon voudrait quâelle soit. »
La plateforme France TV Slash, destinée aux jeunes, presente 56 % de ses programmes qualifiés de « progressistes », un taux qui ne reflÚte pas la diversité de la population française.
Ces chiffres ne proviennent pas dâun opposant politique. Ils sont issus dâune analyse algorithmique systĂ©matique de milliers dâheures de programmes. Le biais nâest pas nĂ©cessairement intentionnel : il reflĂšte la composition sociologique des rĂ©dactions et leur formation dans les mĂȘmes Ă©coles. Mais le rĂ©sultat est le mĂȘme : une partie significative des Français ne se reconnaĂźt pas dans le miroir que leur tend le service public.
Les tabous : lâUE et le Frexit
Lâargent et le biais idĂ©ologique ne suffisent pas Ă expliquer la crise de lâaudiovisuel public. Il y a aussi ce quâon ne peut pas y dire.
Le service public audiovisuel français ne couvre pratiquement jamais les arguments en faveur du Frexit. La petition lancĂ© par Philippe de Villiers pour un referendum sur la sortie de lâUnion europĂ©enne a Ă©tĂ© complĂštement ignorĂ©e par France TĂ©lĂ©visions. Ce silence nâest pas anodin : il releve dâune position idĂ©ologique assumĂ©e, pas dâun choix Ă©ditorial.
Raphael Enthoven, intellectuel mĂ©diatisĂ© frequent sur France Inter, a souhaitĂ© le malheur Ă©conomique du Royaume-Uni aprĂšs le Brexit : « Pourvu que ça leur coĂ»te cher... Pourvu que le pays sâappauvrisse... ». Ce souhait de malheur pour un peuple ayant vote differently illustre lâĂ©tat dâesprit : la dĂ©mocratie ne se dĂ©crĂšte pas, elle se dĂ©crĂšte pour ceux qui votent « correctement ».
Plus gĂ©nĂ©ralement, il existe une interdiction de critiquer les politiques migratoires europĂ©ennes sur les antennes du service public. Les dĂ©bats sur lâimmigration sont cadrĂ©s dâune maniĂšre prĂ©cise, avec des angles qui ne permettent pas lâexpression de positions diffĂ©rentes de la ligne officielle.
LâĂ©cologie comme dogme
Les tabous ne sâarretent pas Ă lâEurope. LâĂ©cologie est devenue un sujet oĂč le dissentiment est impossible.
LâĂ©tude de lâInstitut Thomas More montre que 66 % des Ă©missions traitent les questions environnementales avec des theses explicitement dĂ©croissantes. Les enjeux climatiques sont prĂ©sentĂ©s comme une urgence absolue, sans nuance, sans dĂ©bat possible. Les questions de compĂ©titivitĂ© ou dâĂ©nergie nucleaire sont absentes des analyses ou traitĂ©es comme des hĂ©rĂ©sies.
Autre chiffre révélateur : sur les sujets comme le féminisme, la justice ou les discriminations, 80 à 100 % des émissions sont traitées avec un angle strictement gauche. Le changement climatique, la justice sociale, les droits humains sont aborde selon un cadre idéologique unique.
LâArgus, le rĂ©gulateur, a dâailleurs recadrĂ© France Inter en mai 2024 sur le traitement du conflit israelo-palestinien, exigeant une plus grande « rigueur ». Mais cette exigence ne sâapplique jamais aux sujets climatiques ou migratoires : lĂ aussi, le consensus est obligatoire.
Lâaveu dâUrsula von der Leyen en mars 2026 est Ă©difiant : la presidente de la Commission europĂ©enne a reconnu que la politique anti-nuclĂ©aire menĂ©e pendant 20 ans par lâUE Ă©tait une « erreur stratĂ©gique majeure ». Bruxelles a tout fait pour mettre des bĂątons dans les roues de la France nucleaire, dĂ©fendant les centrales Ă gaz au nom des Ă©nergies renouvelables. RĂ©sultat : en 35 ans, la part du nucleaire dans la production Ă©lectrique europĂ©enne est passĂ©e de 33 % Ă 15 %.
Et pourtant, les antennes du service public nâont jamais questionnĂ© ce dogme pro-nuclĂ©aire europĂ©en. Elles ont diffuse sans relĂąche les thĂšses anti-atomiques venues dâAllemagne, pays qui aujourdâhui construit des centrales Ă gaz et dĂ©pend du charbon.
La France bloque actuellement les targets climatiques europĂ©ennes pour 2035 et 2040. Ce blocage nâest jamais prĂ©sentĂ© comme une bonne nouvelle : câest la preuve dâune « rĂ©gression », dâun « manquement ». Mais le Green Deal europĂ©en est en train dâĂȘtre rognĂ© par une « vague de dĂ©rĂ©gulation environnementale » documentĂ©e par le RĂ©seau Action Climat. Les textes sâenchaĂźnent pour amoindrir les avancĂ©es du Pacte vert, sous les yeux des industriels qui sentent le vent tourner.
Le service public ne couvre pas cette contradiction : il ne peut pas presenter la position française comme une libération de la contrainte Bruxelles, ni questionner le dogme décroissant.
Le wokisme et la cancel culture
Les tabous ne sâarretent pas Ă lâĂ©cologie. Le service public a aussi adoptĂ© sans rĂ©serve les thĂšmes du wokisme, de la cancel culture et de lâidĂ©ologie LGBT.
LâĂ©tude de lâInstitut Thomas More montre que 80 Ă 100 % des Ă©missions traitent les sujets concernant le wokisme, le LGBT, le fĂ©minisme et les questions de genre avec un angle exclusivement gauche. Ce nâest plus du journalisme : câest de lâactivisme.
Delphine Ernotte a imposĂ© un quota de 30% de rĂ©alisatrices pour les sĂ©ries produites par France TĂ©lĂ©visions depuis 2019. Ce quota, prĂ©sentĂ© comme un progres, est en rĂ©alitĂ© une politique explicitement orientĂ©e qui ne repose pas la qualitĂ© mais lâidĂ©ologie. Les productions sont Ă©valuĂ©es non plus sur leur valeur artistique mais sur leur conformitĂ© au cahier des charges de la diversitĂ©.
Ali Baddou, journaliste trĂšs prĂ©sent sur France Inter, a plusieurs fois dĂ©fendu le wokisme et attaque ceux qui le critiquent. Lors dâune emission avec lâhistorienne Laure Murat, il a prĂ©sentĂ© les thĂ©ories du genre et le racialisme comme des disciplines legitimes, tout en qualifiant de « cancel culture » les mesures de Trump contre ces mĂȘmes theories. LegĂšretĂ© Ă double vitesse.
Le festival de Cannes, largement couvert par le service public, est devenu un temple du wokisme. Les films sont Ă©valuĂ©s selon leur conformitĂ© aux dogmes progressistes. Juliette Binoche peut dĂ©clarer sans ĂȘtre contredite que le cinĂ©ma doit ĂȘtre « woke » ou servir des causes. La critique est impossible sur les antennes.
Horizon Europe, le programme de recherche europĂ©en financĂ© par les contribuables français, finance des projets ouvertement militants : 2,5 millions pour « dĂ©coloniser la charia », 1,4 million pour analyser « lâoligarchie blanche dans les paradis fiscaux », 3 millions pour « dĂ©bunker les arguments de genre dâextrĂšme-droite », 257 000 euros pour lâhistoriographie LGBT de lâAntiquitĂ©. Ces projets delirants sont prĂ©sentĂ©s comme de la recherche serieuse sur les antennes du service public.
Lâuniversite française impose depuis 2021 des formations obligatoires sur le racisme, les mouvements LGBT+, le handicap, les violences sexistes et sexuelles, les orientations sexuelles et lâidentitĂ© de genre. Ce kit de prĂ©vention des discriminations, rĂ©digĂ© en Ă©criture inclusive, est prĂ©sentĂ© comme normal. Les voix critiques sont reduites au silence.
La cancel culture est pratiquée par les progressistes : censure de la Sorbonne sur le colonialisme, annulation de conférences, vetos sur les invités qui ne partagent pas les dogmes officiels. Le service public ne couvre jamais ces exces : il les normalise.
Le wokisme et lâĂ©cologisme sont les deux grandes maladies totalitaires de cette Ă©poque. Le service public les a adoptes sans discussion.
VERDICT
Lâaudiovisuel public français est gangrĂ©nĂ© par un systĂšme de capture organisĂ©. Ce nâest pas une accusation politique : ce sont des chiffres, des dates, des noms. 864 millions dâeuros de contrats suspects, des conflits dâintĂ©rĂȘts documentĂ©s (Ernotte au Fouquetâs, Delfraissy chez Mediawan avant Arcom), un enrichissement privĂ© sur fonds publics (Nagui 1,5 million dâeuros), des enquĂȘtes judiciaires en cours.
Ă ce systĂšme financier sâajoute un systĂšme de castes. La famille Duhamel, quatre gĂ©nĂ©rations aux commandes du service public, incarne cette endogamie qui ferme la porte aux outsiders. Les Ă©coles de journalisme, analysĂ©es par Xavier Eman, formatent une elite qui se prend pour lâuniversel.
Ă cela sâajoute un biais idĂ©ologique documentĂ©. LâĂ©tude de lâInstitut Thomas More, analysant 2000 heures de programmes avec lâintelligence artificielle, confirme ce que beaucoup percevaient : le service public penche Ă gauche. Score -10, 57 % des Ă©missions orientĂ©es Ă gauche, sous-reprĂ©sentation du RN et de LFI. Delphine Ernotte elle-mĂȘme a reconnu : « On ne reprĂ©sente pas la France telle quâelle est. »
Ă cela sâajoutent les tabous. Le Frexit nâest jamais couvert. Les pĂ©titions populaires pour un referendum sur lâEurope sont ignorĂ©es. Les critiques contre les politiques migratoires europĂ©ennes sont bannies. LâĂ©cologie est devenue un dogme : 66 % des emissions traitent les enjeux climatiques avec des thĂšses dĂ©croissantes. La critique du nucleaire, longtemps imposĂ©e par lâEurope, nâest jamais questionnĂ©e. Ursula von der Leyen a reconnu lâerreur anti-nuclĂ©aire de 20 ans, mais les antennes nâont jamais prĂ©sentĂ© cette position comme une libĂ©ration.
Ces six dimensions : financiĂšre, gĂ©nĂ©rationnelle, idĂ©ologique, taboueuse, Ă©cologique, woke : forment un SYSTĂME. Lâargent public enrichit les rĂ©seaux privĂ©s. Le contenu reflĂšte une vision du monde imposĂ©e par une elite auto-reproduite. Certains sujets sont entiĂšrement interdiction de dĂ©bat (UE, Frexit, migratoire, Ă©cologie). Et quand un rapporteur (Alloncle) lĂšve le voile, tout le systĂšme se mobilise pour lâenterrer.
Charles Alloncle a fait son travail. Il a exhumé les preuves.
Maintenant, tout le systĂšme se mobilise pour lâenterrer. Le mĂ©canisme de secret de lâordonnance de 1958 est lâarme. Les pressions politiques et mĂ©diatiques sont le contexte. Lâobjectif est clair : faire disparaĂźtre les rĂ©vĂ©lations pour 25 ans.
La question du 27 avril 2026 nâest pas technique. Elle est democratique. Elle dĂ©termine si la corruption reste protĂ©gĂ©e ou si elle est exposĂ©e.
Si le rapport est rejeté, les 26 000 documents disparaissent. Les preuves sont invisibilisées. Le systÚme a gagne.
La France aura financĂ© une enquĂȘte dont elle ne verra jamais les rĂ©sultats.
SOURCES
Institutionnels
Assemblée nationale: Commission audiovisuel public: https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/ce-audiovisuel-public
Legifrance: Ordonnance 58-1100 article 6: https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000035391366/
Cour des comptes: Rapport France Télévisions 2025: https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-09/20250923-S2025-1126-1-France-Televisions.pdf
Arcom: https://www.arcom.fr/
Médias principaux
Le Monde: Audition Niel/Pigasse: https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/02/cirque-demarche-politique-l-audition-electrique-de-xavier-niel-et-matthieu-pigasse-devant-la-commission-d-enquete-sur-l-audiovisuel-public_6676190_3234.html
Le Figaro: DĂ©ficit 41MâŹ: https://www.lefigaro.fr/medias/france-televisions-presente-un-budget-en-deficit-pour-la-premiere-fois-depuis-neuf-ans-20241218
France Info: Plaintes CNews/Europe1/Le JDD: https://www.franceinfo.fr/economie/medias/france-televisions/radio-france-et-france-televisions-portent-plainte-contre-cnews-europe-1-et-le-jdd_7624808.html
RTL: Ernotte/Alloncle: https://www.rtl.fr/culture/medias-people/commission-d-enquete-sur-l-audiovisuel-public-ernotte-niel-dati-nagui-bollore-pujadas-quatre-mois-d-auditions-electriques-a-l-assemblee-7900621515
Analyse
Charlie Hebdo: Sainte-Alliance: https://charliehebdo.fr/2025/12/politique/bollore-cnews-rn-ciotti-la-sainte-alliance-contre-laudiovisuel-public/
Epoch Times: Alloncle alerte: https://www.epochtimes.fr/audiovisuel-public-charles-alloncle-alerte-sur-un-risque-de-non-publication-du-rapport-3230113.html
Entrevue: Ernotte/Fouquetâs: https://entrevue.fr/en/television/conflit-dinterets-a-france-televisions-mediawan-aurait-invite-delphine-ernotte-au-fouquets-pour-celebrer-sa-reconduction-avant-meme-que-ce-soit-officiel/
Le Media en 442: Delfraissy/Mediawan: https://lemediaen442.fr/conflit-dinterets-le-president-de-la-commission-sur-laudiovisuel-public-etouffe-une-question-sur-mediawan/
Presse spécialisée
NextPlz: Contrats 850MâŹ: https://www.nextplz.fr/tele/536891-france-televisions-face-aux-deputes-850-millions-deuros-de-contrats
20 Minutes: Nagui: https://www.20minutes.fr/societe/4192984-20251224-nagui-enrichi-plus-personne-argent-public
LCP: Auditions: https://lcp.fr/programmes/la-seime-est-ouverte/commission-d-enquete-sur-l-audiovisuel-public-audition-de-lea
Castes et endogamie
Le Parisien: Le casse-tĂȘte de la famille Duhamel sur les plateaux tĂ©lĂ©: https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/pourquoi-lun-seffacerait-pour-les-autres-le-casse-tete-de-la-famille-duhamel-sur-les-plateaux-tele-21-03-2026-D7CSTOQPQRHRZMW6VQDPIZBQA4.php
Parents.fr: Benjamin Duhamel: la nouvelle voix de France Inter a des parents bien connus: https://www.parents.fr/actualites/etre-parent/benjamin-duhamel-la-nouvelle-voix-de-france-inter-a-des-parents-et-un-oncle-bien-connus-1139277
Paris Match: Il nây a pas de dynastie Duhamel: https://paiement.parismatch.com/People/il-ny-a-pas-de-dynastie-duhamel-alain-duhamel-sexplique-sur-sa-famille-dans-les-medias-263815
Breizh Info: Formatage continu (Xavier Eman): https://www.breizh-info.com/2024/11/18/240392/formatage-continu-xavier-eman-sattaque-a-la-fabrique-et-au-regne-de-la-pensee-unique-dans-les-ecoles-de-journalisme-en-france-interview/
Biais idéologique
Institut Thomas More: Lâaudiovisuel public en dĂ©ficit: https://institut-thomas-more.org/2026/02/19/rapport35/
Valeurs actuelles: Un pluralisme de façade: https://www.valeursactuelles.com/societe/un-pluralisme-de-facade-une-etude-realisee-avec-lia-montre-que-lantenne-de-france-televisions-penche-a-gauche
Le Figaro: Les matinales de Radio France penchent Ă gauche: https://www.lefigaro.fr/medias/les-matinales-de-radio-france-penchent-a-gauche-l-etude-qui-atteste-du-manque-de-pluralisme-a-l-antenne-20251128
The Conversation: France Inter et France Télévisions sont-ils de gauche ?: https://www.theconversation.com/france-inter-et-france-televisions-sont-ils-de-gauche-comme-les-en-accusent-cnews-et-les-medias-bollore-265689
Tabous (Frexit, UE, migratoire)
Le JDD: Pourquoi lâaudiovisuel public nâaccorde pas une seule ligne Ă la petition de Philippe de Villiers: https://www.lejdd.fr/medias/pourquoi-laudiovisuel-public-naccorde-pas-une-secule-ligne-a-la-petition-lancee-par-philippe-de-villiers-pour-un-referendum-161879
AgoraVox: Raphael Enthoven souhaite malheur aux Anglais, coupables du Brexit: https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/raphael-enthoven-souhaite-malheur-aux-anglais-coupables-du-brexit-218822
Ecologie et dogmes
France Inter: NuclĂ©aire, lâaveu de Bruxelles: https://radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-eco/l-edito-eco-du-mercredi-11-mars-2026-2512002
France Info: Conseil européen sur le climat: le Réseau action climat dénoncent une vague de deregulation environnementale: https://www.francetvinfo.fr/environnement/conseil-europeen-sur-le-climat-le-reseau-action-climat-denonce-une-vague-de-deregulation-environnementale-ces-derniers-mois_7570219.html
France Inter: Pourquoi ces retours en arriĂšre sur lâĂ©cologie ?: https://radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-monde-a-18h50/le-monde-a-18h50-du-mardi-01-juillet-2025-6632000
Wokisme et Cancel Culture
Causeur: Les ravages du wokisme, dâAli Baddou au festival de Cannes: https://www.causeur.fr/?p=310189
Le Figaro: Les matinales de Radio France penchent Ă gauche: https://www.lefigaro.fr/medias/les-matinales-de-radio-france-penchent-a-gauche-l-etude-qui-atteste-du-manque-de-pluralisme-a-l-antenne-20251128
Institut Français de Psychanalyse: Wokisme et cancel culture: une déraison mortifÚre: https://institutfrancaisdepsychanalyse.com/wokisme-et-cancel-culture-une-deraison-mortifere-ii/
FrontiĂšres: Horizon Europe finance des projets militants: https://www.frontieres.media/horizon-europe-projets-militants




Câest bien dĂ©crit. Un point me trouble.
Le groupe BollorĂ© fait largement de la pub Ă Alloncle. Câest le seul groupe de presse a lui ouvrir ses journaux.
Logique câest un groupe privĂ© attaquĂ© en permanence par les corrompus de lâArcom et de Rance TV.
Le rapport ne sera pas publié les affaires seront enterrées.
La mafia médiatique est trop puissante pour le politique qui en a besoin.
Il nây a plus grand chose Ă sauver de ce pays Ă part son patrimoine son histoire et ce qui reste de son Ă©conomie privĂ©e.
Le reste peut ĂȘtre dĂ©truit sans regrets ni remords.
Le mĂȘme mĂ©canisme s'exerce de façon beaucoup plus souterraine dans le secteur Ă©ducatif, avec la crĂ©ation en 2021 du fonds mentorat, grassement dotĂ©, qui sert Ă abonder les fondations et autres "associations" de mentorat créées ou dirigĂ©es par les copains de Macron, Ă©margeant quasiment tous au club du 21 Ăšme siĂšcle de Hakim El Karoui. Les grands groupes, comme Orange, profitent du gĂąteau : leurs dirigeants occupent les CA et les bureaux des assos de mentorat qui reçoivent l'argent du fonds, et le personnel de chez Orange devient mentor de gamins de cite, c'est Ă dire bĂ©nĂ©vole, faisant ainsi tourner la machine Ă subvention. Le but est aussi idĂ©ologique, puisque se diffuse dans l'Ă©crasante majoritĂ© de ces structures la propagande de la sociĂ©tĂ© ouverte et des frĂšres musulmans.